Etre un acteur impliqué dans les nécessaires synergies de l’Europe de la Recherche :
programmes communautaires, cadre réglementaire, suppression des entraves à l’innovation
L’Europe de la Recherche, mythe ou réalité ?
La Cour des comptes, dans son rapport publié le 20 mars sur la recherche publique en France dans les Sciences du Vivant dénonce « l’Incapacité de créer de véritables structures européennes de recherche dans le domaine des Sciences du vivant. Pas plus que les autorités françaises, la Commission européenne ne semble avoir perçu l’urgence d’agir ». A l’occasion des présidentielles, un appel au sursaut est demandé. A ce rythme en effet, le fameux objectif de Lisbonne de porter les dépenses en R&D à 3 % du PIB ne devrait pas être atteint avant 2050… Et l’Europe pourrait être rapidement prise en tenaille par la Chine qui dépensera autant qu’elle dans la R&D d’ici 2010.
Depuis octobre 2005 et sa communication intitulée « Davantage de recherche et d’innovation », la Commission européenne tente de redresser la barre. Le tout nouveau 7ème PCRDT voit son budget gonflé de 40 % par rapport à son prédécesseur. Le système s’inspire des Etats-Unis avec des programmes scientifiques pilotés par des Industriels. L’idée a donc été lancée par la Commission de réunir au sein de plate-formes technologiques l’ensemble des acteurs d’une filière. Elles ont toutes établi des agendas stratégiques qui identifient les technologies clefs des vingt prochaines années. La commission a ensuite retenu 6 Initiatives Technologiques parmi lesquelles figurent les médicaments innovants.
La recherche de nouveaux médicaments doit faire face à une incroyable accélération des dépenses et, de fait, à la nécessité d’augmenter la productivité de la recherche en supprimant les goulots d’étranglement.
A l’exception des Etats-Unis et du Japon, peu de pays auront les moyens de développer seul cette recherche d’excellence.
Pour les pays européens s’ils maintiennent des stratégies individualistes, le risque de saupoudrage des moyens est grand. Pour être efficace, il faut concentrer les moyens. Cette concentration peut venir alors de projets européens et de l’association plus étroite entre public et privé. C’est le principe de la fameuse « innovation de collaboration ».
L’Initiative Médicaments Innovants (IMI) fonctionne sur ce principe partenarial. C’est une phénomène inédit à l’échelle européenne. Plus de 350 représentants des associations de patients, des universités, des hôpitaux, des autorités de santé ainsi que des petites et grandes sociétés pharmaceutiques travaillent de concert pour permettre de découvrir et de développer plus rapidement des médicaments.
4 axes précis d’amélioration ont été identifiés (efficacité / sécurité / enseignement et formation / gestion des connaissances) ainsi que 5 domaines thérapeutiques prioritaires (cancer / maladies neurologiques / maladies inflammatoires / maladies métaboliques et maladies infectieuses) pour s’inscrire dans le tout nouveau 7ème programme cadre européen. Le dispositif lui-même vise à renforcer les partenariats entre public et privé. Il devrait être opérationnel mi-2007 pour pouvoir lancer les premières recherches début 2008.
Les moyens sont là puisque le budget affecté sera d’un demi milliard par an sur 7 ans, financé à moitié par l’Union européenne et à moitié par l’Industrie.
Cette initiative constitue ce faisant un instrument de la politique technologique et industrielle européenne. Elle participe au retour de l’Europe sur le devant de la scène, parmi les leaders de la recherche biomédicale et s’inscrit dans l’objectif plus large de Lisbonne qui vise à faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive. Alors que le savoir est devenu le nœud même de la compétitivité et de l’attractivité, il s’agit de faire de la recherche un enjeu collectif européen. L’IMI s’inscrit de ce fait dans cette nouvelle Europe et constitue un véritable projet intégrateur permettant de dépasser les clivages nationaux et les stratégies individuelles, tout en préservant la compétitivité de chaque acteur, Etat comme entreprise.
Lettre ouverte de Christian Lajoux aux futurs Elus et citoyens



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