et faciliter le transfert vers des applications industrielles
L’enjeu des sciences de la vie représente un tournant pour la Recherche médicamenteuse. De nouvelles voies d’innovations s’ouvrent du côté des biotechnologies et de l’utilisation du vivant. Les premiers biomédicaments sont déjà proposés aux patients. L’histoire a commencé par les vaccins et aujourd’hui, elle se poursuit dans le traitement de maladies graves comme le cancer du sein, les maladies cardio-vasculaires ou certaines maladies inflammatoires. Représentants déjà 40% des nouveaux médicaments en 2003, de 80 à 135 biomédicaments sont attendus d’ici 2010.
Cette augmentation de la place des biotechnologies dans le progrès thérapeutique induit dans le même temps une refonte de nos méthodes de Recherche. Un nouveau modèle se met en place. L’innovation passe désormais par la constitution de véritables écosystèmes dont la clef de voûte repose sur des partenariats entre des entreprises et de nombreux acteurs publics et privés.
Les pôles de compétitivité, associant chercheurs publics et privés, entreprises émergentes et grosses entreprises avec des organismes d’enseignements, en sont une parfaite traduction. C’est une culture de réseau qui favorise les synergies. Le temps du chercheur isolé est révolu. Nous sommes à celui de l’« effet cafétéria » où tous les acteurs se trouvent réunis, échangent, partagent et font ainsi progresser l’innovation. Le pôle de compétitivité génère des effets cumulatifs. Une fois formé et reconnu au niveau mondial, il attire de nouveaux projets.
Les Etats-Unis, avec des pôles comme celui de Caroline du Nord, créé il y a plus de vingt ans, commencent à tirer les bénéfices de cette organisation en réseau. Les biomédicaments mis à la disposition des Français en 2004 étaient d’ailleurs majoritairement issus de la R&D américaine. De nouveaux acteurs comme l’Inde ou la Chine cherchent également à trouver leur place et se dotent des moyens pour y arriver.
La France, pour sa part, n’a pas pris suffisamment tôt le virage des biotechnologies.
La labellisation de sept pôles de compétitivité en 2005 et d’un huitième en 2006 a toutefois amorcé le changement : deux pôles mondiaux (Ile de France et Rhône-Alpes), deux pôles à vocation mondiale (Alsace et Midi-Pyrénées) et quatre pôles à vocation nationale (Aquitaine, Loire-Atlantique, Nord-Pas-de-Calais et Provence-Côte d’Azur).
Les Entreprises du Médicament ont salué cette initiative qu’elles avaient elles-mêmes préconisée, dès 2004, par la voix de leur Comité Biotechnologies dans son rapport « biomédicament 2010 ». De nombreuses entreprises pharmaceutiques se sont d’ailleurs engagées dans ces pôles nouvellement constitués. Elles soutiennent des projets dans des domaines thérapeutiques clefs comme l’infectiologie, le cancer, la virologie… Des projets en sciences de la vie commencent ainsi à acquérir une visibilité.
Toutefois, l’Industrie du Médicament a bien conscience que, si une première étape positive a été franchie, nous ne sommes qu’au début du chemin et ces pôles sont encore trop jeunes pour avoir encore acquis une visibilité internationale. Maintenant, le challenge porte sur la nécessité de pérenniser ces pôles, d’assurer le financement des projets dans la durée et de développer un nouveau management de réseau.
Plus globalement, le tout récent rapport de la Cour des Comptes sur « La gestion de la recherche publique en sciences du vivant » vient rappeler opportunément l’importance stratégique de l’investissement dans ce domaine. C’est en ce sens que le Leem Recherche - association regroupant les organismes de recherche publique impliqués dans la santé humaine, les Entreprises du Médicament et les sociétés de biotechnologies – s’est mobilisé et a rédigé des propositions « Innovation Santé 2015 » afin de sensibiliser nos futurs décideurs politiques à la nécessité d’un plan d’action global, soutenu par un effort financier important et s’appuyant sur cette « innovation de collaboration », entre recherche publique et privée.
Enquête express