Chaque semaine, Tendances Institut fait le point sur la manière dont est traité le thème de la santé dans la campagne présidentielle.
1) Le problème de la hausse des coûts des soins diagnostiqué par plusieurs journaux
La santé va peser de plus en plus lourd dans le budget des ménages Français (Mieux Vivre Votre Argent, Mars 2007) :
- En 2006, augmentation des tarifs des spécialistes et des généralistes en zone rurale ;
- Augmentation des tarifs des généralistes en zones urbaines : vers 22 euros la consultation ;
- En 2007, revalorisation du forfait hospitalier et participation non remboursée aux frais de séjour dans l’hôpital.
L’Expansion de mars 2007 consacre un important dossier à la santé :
- Les patients, mieux informés, sont plus exigeants et attendent beaucoup des « progrès fulgurants de la médecine » : « la combinaison du consumérisme médical et du progrès technique forme un cocktail détonnant qui pourrait dynamiter le système »
- La France risque de ne pouvoir financer ces progrès : « la découverte de nouvelles maladies rares et la survie même des patients pourraient conduire à une explosion des coûts. (…) La politique des autorités françaises consiste pour l'heure à favoriser l'accès à ces progrès : l'évaluation de l'apport médical d'un médicament et celle de son prix est effectuée par deux organismes distincts. Mais combien de temps ce système supportera-t-il un pareil niveau de prix ? » (L’Expansion, Mars 2007)
- La conséquence de la hausse du coût des soins est le développement des inégalités devant la santé : « faute d’une réforme en profondeur, c’est le spectre d’une médecine à deux vitesses (…) qui se profile. (…). L’enjeu est donc de taille : continuer d'offrir à tous et partout une médecine de qualité. Un beau programme, en ces temps de présidentielle. »
- L’industrie pharmaceutique en France contribue à la croissance et à l’emploi : « chaque année ce secteur crée 280 000 postes ». Néanmoins cette croissance se fait à crédit. Le secteur génère 6,8% du PIB mais les dépenses de santé représentent 11% du PIB. L’économiste Patrick Artus soutient que « la consommation de santé génère de la technologie, de la recherche, de la croissance et des emplois, elle finit par éponger le déficit ».
En revanche, Le monde Diplomatique (Mars 2007) remet en cause le lobbying industriel du secteur : « l’industrie pharmaceutique a obtenu lors de l’examen du projet de loi sur la sécurité sociale en octobre 2005 de ramener de 1,96 % à 1,50 % la taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaire de cette industrie. Pour les caisses de la sécurité sociale, le manque à gagner correspond à 90 millions d’euros ».
2) Plusieurs candidats rappellent des éléments de leur programme
Lors de l’émission J’ai une question à vous poser du 26/02/2007 sur TF1, Dominique Voynet propose d’instaurer un dispositif semblable à celui de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour améliorer l’accueil des personnes handicapées vieillissantes : « nous manquons de structures d’accueil, notamment pour les personnes handicapées qui vieillissent (…) L’essentiel des structures est géré par des associations, qui rencontrent des problèmes de reconnaissance de statut des bénévoles, de rémunération et de formation des cadres et de personnels ».
Lors de sa convention présidentielle, le dimanche 26 février à Lille, Jean-Marie Le Pen propose de supprimer le parcours de soins coordonné. Il souhaite « abandonner la maîtrise comptable et tous ses outils », tels que le médecin traitant, les quotas et les filières.
D’après l’AFP, 26 février, Ségolène Royal souhaite « assurer une prise en charge intégrale des soins » pour certaines catégories de population, « notamment à ce millions d’enfants qui n’ont aucune couverture complémentaire » (les moins de 16 ans sans complémentaires)…….ce qui apporte un début de réponse à la question de Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité (12 février)
Enquête express